Dès le 1er retard

Lettre de relance amiable

Envoyez une lettre amiable dès le premier loyer manquant pour favoriser la résolution rapide

J+15 sans réponse

Mise en demeure recommandée

Si le locataire ne réagit pas, la mise en demeure par LRAR constitue une étape juridique formelle

2 mois de dette

Signalement CAF obligatoire

Dès deux mois d'impayé, le bailleur doit déclarer l'impayé à la CAF si le locataire perçoit une aide au logement

Procédure judiciaire

Commandement de payer

En dernier recours, un huissier délivre le commandement de payer qui active la clause résolutoire du bail

Quelles démarches faire en cas de loyer impayé ?

Le non-paiement d'un loyer concerne 2 à 3 % des locations en France chaque année. Dès le premier retard, le bailleur doit réagir rapidement et suivre une progression bien définie pour préserver ses droits. Une procédure mal menée - mauvais courrier, délais non respectés, oubli du signalement CAF - peut retarder considérablement la résolution du litige.

La loi du 6 juillet 1989 et la loi ALUR encadrent strictement les obligations du bailleur face aux impayés. Voici les grandes étapes à respecter :

  • Étape 1 : Contact amiable : appel téléphonique ou courrier simple dès le premier retard pour comprendre la situation du locataire et rechercher un accord ;
  • Étape 2 : Lettre de relance : courrier formel rappelant l'obligation de paiement et fixant un délai raisonnable de régularisation ;
  • Étape 3 : Mise en demeure recommandée : si le locataire ne réagit pas dans les 15 jours, envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception constituant une mise en demeure ;
  • Étape 4 : Signalement CAF : dès deux mois de loyer impayé, déclaration obligatoire si le locataire perçoit une aide au logement ;
  • Étape 5 : Commandement de payer : acte d'huissier activant la clause résolutoire et laissant deux mois au locataire pour régulariser.

Activer la GLI ou solliciter la caution

Si vous avez souscrit une garantie loyer impayé (GLI), déclarez le sinistre dès le premier ou deuxième mois d'impayé ; les contrats imposent généralement un délai strict. Si votre locataire a un garant, la caution solidaire peut être sollicitée en parallèle des démarches amiables pour récupérer les loyers dus. Ces deux recours sont cumulables avec les courriers présentés ci-après.

Pourquoi toujours tenter la voie amiable d'abord ?

La voie amiable est non seulement obligatoire avant toute saisine du tribunal, mais aussi la plus rapide et la moins coûteuse. Dans la majorité des cas, un locataire en difficulté passagère régularise sa situation dès réception d'une lettre de relance bien formulée. Engager d'emblée une procédure judiciaire coûteuse alors qu'un échange suffirait serait contre-productif. Consultez également notre guide que faire en cas de loyer impayé pour une vue d'ensemble de vos recours.

Modèle de lettre de relance amiable (1er courrier)

La lettre de relance amiable est le premier courrier formel adressé au locataire après un ou plusieurs loyers impayés. Elle peut être envoyée par courrier simple ou par email à ce stade : l'essentiel est de rappeler l'obligation de paiement, préciser les sommes dues et fixer un délai de régularisation. Son ton doit rester cordial : l'objectif est de résoudre le problème sans escalade.

La lettre doit contenir :

  • Les coordonnées complètes du bailleur et du locataire ;
  • L'adresse précise du logement concerné ;
  • Le montant des loyers impayés, détaillé mois par mois ;
  • Le total de la dette à la date du courrier ;
  • Un délai raisonnable pour régulariser (8 à 15 jours recommandés) ;
  • Une invitation à contacter le bailleur pour trouver un arrangement.

Conservez une copie de cette lettre et notez la date d'envoi. Si vous n'obtenez pas de réponse dans les 15 jours, passez à l'étape suivante : la mise en demeure par lettre recommandée.

Modèle de lettre de mise en demeure (2e courrier)

La mise en demeure est un courrier recommandé avec accusé de réception (LRAR) qui constitue une étape juridique formelle. Contrairement à la lettre de relance amiable, elle crée une obligation légale et produit des effets de droit : elle marque le point de départ des délais légaux, peut être utilisée comme preuve en justice et signale au locataire la gravité de la situation.

Envoyez-la si le locataire n'a pas répondu à votre relance amiable dans un délai de 15 jours, ou s'il a répondu mais sans régler ni proposer d'arrangement sérieux. Le ton doit être ferme et précis : pas de mise en cause personnelle, mais une description factuelle de la situation et une indication claire des conséquences en cas de non-règlement.

Conservez l'accusé de réception de ce courrier : il constitue une preuve irréfutable de la mise en demeure, indispensable en cas de procédure judiciaire ultérieure. Si le locataire refuse le courrier ou s'abstient de le retirer, la tentative de remise est également une preuve valable.

Modèle de lettre de déclaration de sinistre GLI

Si vous avez souscrit une assurance loyer impayé (GLI), vous devez déclarer le sinistre auprès de votre assureur dans les délais prévus au contrat, généralement dès le premier ou deuxième mois d'impayé. Un retard de déclaration peut entraîner le refus de prise en charge. Vérifiez impérativement votre police d'assurance avant d'envoyer ce courrier, et adaptez-le aux exigences spécifiques de votre assureur.

La déclaration de sinistre GLI doit comporter :

  • Vos coordonnées complètes en tant que bailleur assuré et votre numéro de contrat GLI ;
  • Les coordonnées du locataire défaillant et l'adresse du logement ;
  • Le détail mois par mois des loyers impayés avec les montants exacts ;
  • Les copies des courriers de relance et de mise en demeure déjà envoyés ;
  • La copie du contrat de bail et des quittances de loyer des mois précédents ;
  • Le cas échéant, les courriers de signalement à la CAF si le locataire perçoit des aides.

Joignez systématiquement toutes les pièces demandées à votre contrat. Un dossier incomplet est la principale cause de retard dans le traitement des sinistres GLI. Pour comparer les offres du marché avant de souscrire ou de renouveler, consultez notre comparatif des assurances loyer impayé.

Chronologie complète de la procédure impayé

Voici le déroulé type depuis le premier loyer manquant jusqu'à l'expulsion éventuelle, avec les délais indicatifs à respecter.

Jour J : Premier loyer impayé

Contactez le locataire par téléphone ou email pour comprendre la situation. Proposez un arrangement amiable si la difficulté est passagère. Envoyez une lettre de relance amiable.

J+15 : Sans réponse : mise en demeure recommandée

Envoyez la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, en accordant un délai de 8 jours supplémentaires. Si vous avez une GLI, déclarez le sinistre.

J+60 : 2 mois de dette : signalement CAF obligatoire

Si le locataire perçoit l'APL, l'ALS ou l'ALF, vous êtes légalement tenu de déclarer l'impayé à la CAF à ce stade. Manquer ce délai expose à la perte du tiers payant.

J+70 : Commandement de payer par huissier

Si aucune solution amiable n'est trouvée, mandatez un huissier pour délivrer le commandement de payer. Cet acte active la clause résolutoire et laisse deux mois au locataire.

J+130 : Résiliation et procédure d'expulsion

En l'absence de règlement, la clause résolutoire joue de plein droit. Le bailleur saisit le tribunal judiciaire pour faire constater la résiliation du bail et obtenir un titre d'expulsion du locataire.

La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) interdit l'exécution physique de l'expulsion, mais n'empêche pas d'envoyer des courriers de relance, une mise en demeure ou même un commandement de payer. Les démarches peuvent et doivent se poursuivre pendant cette période.

Mise en demeure infructueuse : que faire ensuite ?

Si la mise en demeure reste sans effet, plusieurs voies de recours s'offrent au bailleur selon la situation. L'objectif est toujours de tenter une solution amiable avant d'engager des démarches judiciaires longues et coûteuses.

Proposer un plan d'apurement amiable

Même après une mise en demeure, le bailleur peut proposer au locataire un plan d'apurement : un échéancier permettant d'étaler le remboursement de la dette sur plusieurs mois en complément du loyer courant. Ce plan doit être formalisé par écrit et signé par les deux parties. Il précise le montant total de la dette, les mensualités de remboursement et les conséquences en cas de non-respect. Si le locataire perçoit des aides au logement, la CAF peut également proposer sa médiation.

Résiliation du bail via la clause résolutoire

Si votre contrat de bail contient une clause résolutoire pour non-paiement des loyers, le commandement de payer délivré par huissier déclenche automatiquement cette clause. Si le locataire ne régularise pas sa situation dans les deux mois suivant la réception de l'acte, le bail est résilié de plein droit, sans nécessiter de décision judiciaire spécifique.

Résiliation judiciaire sans clause résolutoire

En l'absence de clause résolutoire dans le bail, ou si le bail est un bail commercial, le propriétaire doit saisir le tribunal judiciaire pour obtenir la résiliation judiciaire du contrat. La procédure est plus longue et le juge apprécie librement la situation ; il peut accorder des délais de grâce pouvant aller jusqu'à trois ans si le locataire démontre sa bonne foi.

Procédure d'expulsion en dernier recours

Si toutes les voies amiables et juridiques ont été épuisées, la procédure d'expulsion du locataire peut être engagée. Elle ne peut être exécutée que par un huissier mandaté par le tribunal, en dehors de la trêve hivernale. Le délai total entre le premier impayé et l'expulsion effective est généralement de 12 à 24 mois selon la complexité du dossier.

Questions fréquentes sur les lettres de relance et mises en demeure

La lettre de relance amiable est un courrier informel (envoyable par courrier simple ou email) invitant le locataire à régulariser sa situation. Elle n'a pas de valeur juridique spécifique mais sert de premier avertissement et constitue une preuve de démarche amiable. La mise en demeure, envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), est un acte juridique formel qui crée une obligation légale et produit des effets de droit : elle marque le point de départ des délais, peut servir de preuve en justice et engage la responsabilité du locataire de façon plus formelle. En cas de procédure judiciaire, le juge vérifiie que le bailleur a bien tenté ces voies amiables préalables.

La loi ne fixe pas de délai minimal obligatoire dans la mise en demeure : c'est le bailleur qui le détermine librement. En pratique, un délai de 8 à 15 jours est couramment utilisé et considéré comme raisonnable par les tribunaux. Un délai trop court (moins de 48 heures) pourrait être jugé abusif. Si le locataire ne règle pas dans ce délai, le bailleur peut mandater un huissier pour délivrer un commandement de payer, qui lui accordera alors deux mois supplémentaires imposés par la loi.

Aucune loi n'impose formellement l'envoi de la mise en demeure par lettre recommandée, mais c'est fortement conseillé. La LRAR (lettre recommandée avec accusé de réception) constitue une preuve irréfutable de l'envoi et de la réception par le locataire. En cas de procédure judiciaire, un juge pourrait remettre en cause une mise en demeure envoyée par courrier simple ou email, faute de preuve suffisante. L'accusé de réception signé par le locataire (ou le refus de retrait du pli) est votre meilleur document de preuve.

Si le locataire refuse de signer l'accusé de réception ou ne retire pas le courrier à la poste, la tentative de remise par le facteur constitue malgré tout une preuve valable. L'avis de passage et le retour du pli non réclamé attestent que la démarche a été effectuée et que le locataire a été informé de l'existence du courrier. Ce comportement peut même être interprété négativement par un juge comme une tentative du locataire d'échapper à ses obligations. Vous pouvez également envoyer le même courrier par huissier, ce qui présente l'avantage d'une preuve incontestable.

Oui, techniquement rien n'oblige à envoyer une lettre de relance amiable avant la mise en demeure : seules les voies amiables préalables au commandement de payer sont fortement conseillées, pas légalement imposées. Cependant, en cas de litige judiciaire, un juge appréciera favorablement que vous avez tenté de résoudre le problème à l'amiable avant d'engager des démarches formelles. Sauter l'étape de la relance amiable peut également fermer la porte à une résolution rapide : un locataire qui a simplement oublié ou rencontré un problème passager régularisera souvent sa situation dès le premier courrier. Enfin, si vous avez souscrit une assurance GLI, vérifiez si votre contrat impose une relance amiable préalable pour déclencher la garantie.