IRL trimestriel
L'Indice de Référence des Loyers est publié chaque trimestre par l'INSEE et sert de base légale à la révision annuelle
1 an minimum
La révision ne peut intervenir qu'une fois par an, à la date anniversaire du bail ou à la date prévue dans le contrat
Clause obligatoire
Le bail doit contenir une clause de révision pour que le propriétaire puisse demander la revalorisation du loyer
Non rétroactive
Depuis la loi ALUR de 2014, la révision prend effet à la date de la demande : aucun rattrapage rétroactif n'est possible
Quand peut-on réviser un loyer ?
Révision du loyer IRL
Depuis la loi du 8 février 2008 (n° 2008-111), l'Indice de Référence des Loyers (IRL) sert de base à la révision annuelle du bail. Si le bail contient une clause mentionnant cette augmentation annuelle, le propriétaire peut augmenter le loyer une fois par an selon cet indice, à condition que l'augmentation ne dépasse pas la variation annuelle de l'IRL.
La révision annuelle a lieu soit à la date prévue dans le contrat de bail, soit à la date anniversaire du bail. Même avec une telle clause, la révision annuelle n'est pas obligatoire et peut ne jamais être demandée pendant toute la durée du bail.
Révision du loyer pour travaux
Le propriétaire peut réviser le loyer en cours de bail suite à des travaux importants d'amélioration ou d'économie d'énergie réalisés à ses frais. La seule exigence est la notification préalable du locataire, qui doit donner son consentement.
Travaux d'amélioration
L'augmentation du loyer suite à des travaux d'amélioration financés par le propriétaire est possible si le bail contient une clause précisant la nature des travaux, les modalités de mise en œuvre et le calendrier, ainsi que l'ajustement du loyer qui en résulte. Les travaux peuvent être demandés par le propriétaire ou la copropriété (comme l'installation d'un ascenseur ou le remplacement de fenêtres en double vitrage). L'ajustement du loyer intervient après l'achèvement des travaux.
Les travaux de mise aux normes ne sont jamais à la charge du locataire et ne peuvent pas justifier une augmentation du loyer.
Travaux d'économie d'énergie
Les travaux d'économie d'énergie peuvent justifier des augmentations de loyer, mais ne concernent que les logements vides construits avant le 1er janvier 1990. Pour les autres biens, le propriétaire supporte tous les coûts.
Les travaux justifiant des augmentations de loyer doivent permettre au logement d'atteindre des niveaux minimaux de performance énergétique ou accomplir au moins deux des six modifications suivantes :
- Remplacement de l'instrument de chauffage ou de fourniture d'eau chaude ;
- Installation de systèmes de chauffage à énergie renouvelable ;
- Installation de systèmes de production d'eau chaude à énergie renouvelable ;
- Isolation thermique de la toiture ;
- Isolation thermique des fenêtres ;
- Isolation thermique des murs extérieurs.
Pour augmenter légalement le loyer suite à des travaux d'économie d'énergie, ces améliorations doivent être discutées et acceptées par le locataire.
Révision d'un loyer sous-estimé
Au renouvellement du bail, le propriétaire peut augmenter le loyer si celui-ci était significativement sous-évalué par rapport aux prix du marché local. En suivant les procédures appropriées, le propriétaire doit proposer un nouveau contrat précisant le nouveau loyer au moins six mois avant l'expiration du bail en cours. La demande doit inclure la reproduction complète de l'article 17-2 de la loi du 6 juillet 1989 et les dispositions détaillées de l'article 140 de la loi ELAN du 23 novembre 2018.
La lettre d'augmentation doit être envoyée par courrier recommandé avec accusé de réception, par huissier, ou remise en main propre avec la signature ou le reçu du locataire.
Pour justifier légalement les augmentations, le propriétaire doit fournir des preuves de sous-évaluation en collectant des références de loyers de biens similaires à proximité. Les communes de plus d'un million d'habitants nécessitent six références ; trois suffisent ailleurs. Chaque référence doit détailler :
- L'adresse du bien ;
- La date de construction et la qualité des matériaux ;
- L'étage et la présence ou absence d'ascenseur ;
- Les équipements du bien ;
- Le montant actuel du loyer hors charges ;
- La durée d'occupation par le locataire actuel.
La révision de loyer est-elle rétroactive ?
Les révisions de bail basées sur l'IRL peuvent intervenir dans l'année suivant la date de révision établie par les deux parties ou l'anniversaire du bail. Selon la loi ALUR du 24 mars 2014, toute révision prend effet au moment de la demande au locataire : elle n'est donc pas rétroactive. Si un propriétaire communique la révision avec trois mois de retard, il ne peut pas réclamer la différence pour ces trois mois.
Toutefois, les locataires restent redevables des augmentations non résolues suite à une demande officielle du propriétaire pendant trois ans.
Indice de révision des loyers (IRL)
L'Indice de Référence des Loyers (IRL), publié trimestriellement par l'INSEE et calculé à partir des indices de prix à la consommation, sert de base légale aux propriétaires pour réévaluer annuellement le loyer des logements vides ou meublés.
Tableau IRL
| Année | Trimestre | Date de publication | Indice | Variation annuelle |
|---|---|---|---|---|
| 2024 | 4e trimestre | 17/01/2025 | 145,15 | +2,18 % |
| 2024 | 3e trimestre | 11/10/2024 | 144,51 | +2,47 % |
| 2024 | 2e trimestre | 12/07/2024 | 143,76 | +2,25 % |
| 2024 | 1er trimestre | 12/04/2024 | 143,46 | +3,50 % |
| 2023 | 4e trimestre | 16/01/2024 | 142,06 | +3,50 % |
| 2023 | 3e trimestre | 13/10/2023 | 141,03 | +3,49 % |
| 2023 | 2e trimestre | 13/07/2023 | 140,59 | +3,50 % |
| 2023 | 1er trimestre | 14/04/2023 | 138,61 | +3,49 % |
| 2022 | 4e trimestre | 13/01/2023 | 137,26 | +3,50 % |
| 2022 | 3e trimestre | 14/10/2022 | 136,27 | +3,49 % |
| 2022 | 2e trimestre | 13/07/2022 | 135,84 | +3,60 % |
| 2022 | 1er trimestre | 15/04/2022 | 133,93 | +2,48 % |
| 2021 | 4e trimestre | 14/01/2022 | 132,62 | +1,61 % |
Dernier indice IRL
Le dernier Indice de Référence des Loyers est celui du 4e trimestre 2024 (publié le 17 janvier 2025) avec une valeur de 145,15, représentant une hausse de 2,18 % par rapport au 4e trimestre 2023 (142,06). C'est cet indice qui s'applique aux révisions prenant effet à compter du 1er trimestre 2026.
Calcul de révision du loyer
Formule de calcul IRL
Pour les augmentations annuelles basées sur l'IRL, le calcul suit une formule unique :
Nouveau loyer = Loyer actuel × (IRL nouveau trimestre ÷ IRL même trimestre N-1)
Pour appliquer cette formule, trois étapes sont nécessaires :
- Identifier le trimestre de référence : celui indiqué dans le bail, la date de renouvellement annuel si convenue entre les parties, ou le dernier indice publié par l'INSEE lors de la signature du contrat si non spécifié ;
- Trouver les deux valeurs IRL : la valeur la plus récente pour le trimestre de référence et celle du même trimestre de l'année précédente ;
- Appliquer la formule en multipliant le loyer actuel hors charges par le rapport des deux indices.
Exemple chiffré
Un bail signé le 16 février 2023, avec un loyer de 700 €. La réévaluation annuelle intervient le 16 février 2025, en utilisant le trimestre de référence de la signature (4e trimestre 2023 : IRL 142,06). La nouvelle référence est le 4e trimestre 2024 (IRL 145,15).
Calcul : 700 € × 145,15 ÷ 142,06
= 700 € × 1,02175…
= 715,22 €
Augmentation : +15,22 € soit +2,17 % par rapport au loyer initial
Comment calculer une révision d'un loyer sous-évalué ?
En zone tendue, les augmentations de loyer sous-évalué sont plafonnées à 50 % de la différence entre le loyer actuel et la moyenne des loyers de référence fournis par le propriétaire. Une fois que les deux parties sont d'accord, un nouveau bail ou un avenant au contrat précisant le nouveau montant formalise la révision. Les augmentations sont ensuite progressives :
- Si l'augmentation est inférieure à 10 % du loyer d'origine : hausse d'un tiers de l'augmentation totale chaque année pendant trois ans ;
- Si l'augmentation dépasse 10 % du loyer d'origine : hausse d'un sixième de l'augmentation totale chaque année pendant six ans.
Exemple : Le locataire paie 600 €, le loyer moyen de référence est de 800 € (200 € de différence). Le propriétaire peut augmenter de 100 € maximum. Cette augmentation de 17 % s'applique sur six ans : 100 ÷ 6 = 16,67 € par an, soit un loyer de 616,67 € la première année, 633,34 € la deuxième, etc.
Paris intra-muros dispose d'un système d'encadrement des loyers où les augmentations ne sont possibles que si le loyer est inférieur au loyer de référence minoré. Le loyer post-révision ne peut pas dépasser ce loyer de référence minoré.
Comment calculer une révision du loyer après travaux ?
Les augmentations de loyer suite à des travaux d'amélioration ou d'économie d'énergie doivent être limitées dans le temps, appliquées sous forme de contributions mensuelles aux travaux de deux types :
- Contribution forfaitaire : les locataires paient un supplément mensuel fixe : 10 € pour les studios, 15 € pour les deux/trois pièces, 20 € pour les quatre pièces et plus ou les maisons. Ce montant non révisable s'ajoute au loyer de base ;
- Contribution réelle : déterminée par les économies d'énergie réelles des travaux. La contribution ne peut pas dépasser la moitié des économies estimées. Un professionnel doit réaliser une étude thermique avant les travaux. Cette contribution, une fois fixée, est également non révisable.
Simulateur de révision du loyer
Les calculs d'augmentation de loyer peuvent être effectués sur le site officiel du gouvernement. En utilisant les informations du bail (date de signature, indice de référence, loyer hors charges), le simulateur indique le loyer futur maximal autorisé suite à la révision IRL : Je calcule la révision de mon loyer.
Révision du loyer commercial
Indice des loyers commerciaux (ILC)
Pour les baux commerciaux, la révision du loyer indexée sur l'Indice des Loyers Commerciaux (ILC) peut intervenir par le propriétaire tous les trois ans à la date anniversaire du contrat. Comme l'IRL, l'INSEE publie l'ILC trimestriellement, calculé à partir de l'évolution des prix à la consommation (50 %), des prix de la construction et de la valeur des ventes au détail (25 % chacun).
La réévaluation triennale peut avoir lieu sans clause de révision dans le bail. Si les deux parties sont d'accord, des clauses de réévaluation annuelle peuvent être incluses dans le contrat.
Seuls les commerçants inscrits au Registre du Commerce et les artisans inscrits au Registre des Métiers sont concernés par les révisions basées sur l'ILC. Les professionnels du secteur des services, notamment les professions libérales ou les sociétés louant des espaces à des fins non commerciales ou non artisanales, utilisent l'Indice des Loyers des Activités Tertiaires (ILAT).
Calcul de la révision d'un loyer commercial
Les calculs de bail commercial suivent les formules établies par le gouvernement :
- Trouver le trimestre de référence ILC (le dernier indice publié par l'INSEE à la signature du bail). Identifier le nouvel indice de référence, le même trimestre publié trois ans après le premier ;
- Appliquer : Nouveau loyer = loyer actuel × nouvel ILC du trimestre ÷ ILC du même trimestre trois ans avant
Exemple : Un bail commercial signé le 1er février 2021, avec un loyer de 600 € par mois. La révision intervient le 1er février 2024. Le dernier indice à la signature est le 4e trimestre 2020 (115,79). Le nouvel indice de référence est le 3e trimestre 2023 (133,66). Calcul : 600 × 133,66 ÷ 115,79 = 692,60 €.
Pour les baux signés ou renouvelés depuis septembre 2014, les augmentations de loyer ne peuvent pas dépasser 10 % du loyer actuel, même si l'ILC augmente de plus de 10 % sur trois ans.
Refus et litiges en cas de révision
Peut-on refuser une révision de loyer ?
Si l'augmentation ne dépasse pas la variation de l'IRL pour l'année et que le bail contient une clause de révision, le locataire ne peut pas refuser. Toutefois, si l'une ou l'autre de ces conditions n'est pas remplie, le locataire peut refuser ou limiter l'augmentation au maximum de l'IRL.
Pour communiquer son refus, le locataire doit envoyer au propriétaire une lettre recommandée avec accusé de réception. Cette correspondance doit noter quelle condition est violée : le pourcentage d'augmentation demandé par rapport à la variation de l'IRL, ou l'absence de clause de révision.
Pour les réclamations de loyer sous-évalué, le locataire peut refuser si la révision semble injustifiée. La procédure est identique : notification par lettre recommandée. Si la Commission Départementale de Conciliation accorde l'augmentation après examen, le locataire peut résilier le bail et déménager dans le délai de préavis d'un ou trois mois.
Pour les augmentations liées à des travaux, cet ajustement a normalement été discuté avant les travaux entre les parties. En approuvant l'intervention professionnelle, le locataire approuve également la future augmentation de loyer préalablement établie.
Que faire en cas d'erreur de révision du loyer ?
Si le propriétaire se trompe dans le calcul du nouveau loyer révisé, la première étape est d'envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception signalant l'erreur. Le propriétaire peut alors corriger l'erreur et réajuster le montant révisé.
Sans réponse ou si le propriétaire refuse de modifier le loyer révisé, le locataire peut procéder :
- Procédure de conciliation via la Commission Départementale de Conciliation. Facultative mais potentiellement apte à résoudre les litiges à l'amiable sans frais ;
- Saisine du tribunal dans l'année suivant la date de révision. Le juge résoudra définitivement le litige entre les parties. Le locataire n'a pas besoin d'engager un avocat pendant la procédure.
Dans les villes soumises à l'encadrement des loyers, tout dépassement du loyer de référence majoré constitue une infraction que le locataire peut faire valoir devant la Commission Départementale de Conciliation, puis devant le tribunal judiciaire.
Questions fréquentes sur la révision du loyer
L'Indice de Référence des Loyers (IRL) est un indicateur publié chaque trimestre par l'INSEE. Il mesure l'évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers sur les douze derniers mois. Cet indice est la seule base légale autorisée pour réviser le loyer d'un logement d'habitation (vide ou meublé) en cours de bail. Le propriétaire ne peut pas utiliser un autre indice ni appliquer un pourcentage différent de la variation IRL.
Non, la révision annuelle n'est pas une obligation légale : c'est un droit pour le propriétaire, pas une contrainte. Le bail doit contenir une clause de révision pour que le propriétaire puisse en faire la demande. Si aucune clause n'est prévue, le loyer reste inchangé pendant toute la durée du bail. Et si le propriétaire ne demande pas la révision à la date anniversaire, la révision est perdue pour l'année en cours ; depuis la loi ALUR de 2014, aucun rattrapage rétroactif n'est possible.
Si le bail contient une clause de révision et que l'augmentation ne dépasse pas la variation annuelle de l'IRL, le locataire ne peut pas s'y opposer. En revanche, si le propriétaire demande une augmentation supérieure à l'IRL, ou si le bail ne contient pas de clause de révision, le locataire peut contester par lettre recommandée avec accusé de réception. Pour une révision pour sous-évaluation du loyer, le locataire peut refuser et saisir la Commission Départementale de Conciliation, puis le tribunal judiciaire.
La formule est : Nouveau loyer = Loyer actuel × (IRL du nouveau trimestre de référence ÷ IRL du même trimestre de l'année précédente). Par exemple, pour un loyer de 800 € révisé en utilisant le 4e trimestre 2024 (IRL 145,15) par rapport au 4e trimestre 2023 (IRL 142,06) : 800 × 145,15 ÷ 142,06 = 817,40 €. Le simulateur officiel de l'INC permet de réaliser ce calcul en ligne.
La révision du loyer désigne la mise à jour annuelle basée sur l'IRL, encadrée par la clause de révision du bail : c'est un mécanisme d'indexation automatique. L'augmentation du loyer est un terme plus large qui inclut tous les cas de hausse : la révision IRL, mais aussi la réévaluation pour loyer sous-évalué et la majoration suite à des travaux importants. Dans la pratique, on réserve le mot "révision" à l'IRL et "augmentation" aux deux autres cas qui nécessitent une démarche spécifique.